[CITERADIO] Interview – Tatiana Douard – Convergence infirmière – 02/04/2025

manifestation de la convergence infirmière devant l’Hôtel de ville de Tours

L’opération “Balance ton Gaspi” initiée par le syndicat Convergence Infirmière visait à mettre en lumière l’ampleur du gaspillage de dispositifs médicaux et de médicaments retrouvés chez les patients libéraux. Tatiana Douard explique que l’objectif principal était de susciter une prise de conscience auprès des prescripteurs, des délivreurs et des consommateurs. L’étalage de ces produits pharmaceutiques devant l’hôtel de ville servait de démonstration visuelle de ce gaspillage. L’importance de cette action réside dans son enjeu sociétal et économique.

Selon une extrapolation basée sur 35 cabinets infirmiers libéraux, ce gaspillage représente environ 124 millions d’euros par mois, soit près d’1,5 milliard d’euros par an au niveau national. La majeure partie de ces dépenses, environ 99%, est supportée par la Sécurité Sociale, donc par les contribuables. Pour Convergence Infirmière, il s’agit d’une source potentielle d’économies dans un contexte où l’on évoque souvent le manque de moyens, notamment en termes de revalorisation pour les infirmières libérales. Le syndicat souligne qu’il n’y a pas eu de revalorisation depuis 15 ans et que les économies réalisées grâce à la réduction du gaspillage pourraient potentiellement permettre d’améliorer cette situation.

manifestation de la convergence infirmière devant l’Hôtel de ville

manifestation de la convergence infirmière devant l’Hôtel de ville

 
Plusieurs causes contribuent à ce gaspillage:
-Prescription non optimale par les médecins : Des ordonnances peuvent contenir une quantité excessive de médicaments ou de dispositifs par rapport aux besoins réels du patient.
Surstockage par les patients : Par peur de manquer, certains patients accumulent des médicaments ou des dispositifs médicaux à domicile.
Livraison non adaptée par les pharmaciens et prestataires de santé : La totalité des produits prescrits est parfois livrée sans vérifier le besoin réel avec le patient, le prescripteur ou l’infirmière libérale.
Conditionnement des laboratoires : Les conditionnements des médicaments ne sont pas toujours adaptés à la durée du traitement, entraînant un surplus non utilisé (exemple des boîtes d’antibiotiques).
Renouvellement non nécessaire des dispositifs médicaux par les soignants : Un renouvellement trop fréquent ou une mauvaise évaluation de la taille des pansements peuvent engendrer du gaspillage.
Pour lutter contre ce gaspillage, plusieurs pistes sont évoquées notamment la prescription au plus près des besoins par les infirmières libérales pour les dispositifs médicaux, la sensibilisation et prévention auprès des patients pour éviter le surstockage ou encore une meilleure coordination entre les délivreurs et les prescripteurs/infirmières pour ajuster les livraisons aux besoins réels. La consultation infirmière est également mentionnée comme une mesure potentielle pour réduire le gaspillage au quotidien.
 
Malgré cette action nationale et la tentative de sensibilisation, les infirmière libérales déplorent le manque de réponse de la municipalité et des représentants politiques locaux (députés, sénateurs).

La Convergence Infirmière, bien que force de proposition et impliquée dans des groupes de travail avec la sécurité sociale et le ministère du travail au niveau national, constate la lenteur des avancées. Une première mesure concrète était attendue pour le 1er avril 2025, mais le syndicat estime que beaucoup reste à faire pour endiguer ce gaspillage. Les citoyens souhaitant soutenir cette démarche sont encouragés à adopter des gestes simples au quotidien et à relayer le message auprès de leurs contacts politiques.

Interview complète de Tatiana Douard réalisé par Tom Vignelles

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