[CITERADIO] Déclic et clac : Stimuler le goût d’apprendre et briser les freins des jeunes 12 01 2026

Déclic et clac : Stimuler le goût d’apprendre et briser les freins des jeunes
Dans le cadre de la semaine “CITERADIO Fontaine”, nous avons reçu Philippe Monget, vétérinaire de formation, chercheur à l’INRAE et président-fondateur de l’association Déclic et clac. À travers son parcours et ses actions, il s’efforce de provoquer ce fameux « déclic » qui peut changer une vie scolaire et professionnelle.
La genèse d’un projet tourné vers la jeunesse
L’association est née entre 2007 et 2008, suite à une suggestion familiale d’aller à la rencontre des jeunes dans les banlieues, notamment au collège Jacques Decour. Après des débuts centrés sur son propre métier de chercheur, Philippe Monget a réalisé en 2009 que la diversification des profils était la clé pour captiver les élèves. En s’entourant d’amis charismatiques aux parcours variés (imprimeurs, directeurs de radio, capitaines d’équipe), il a réussi à « magnétiser » les classes en jouant sur l’émotion et le partage d’expérience.
Devant le succès de ces interventions, l’idée est venue de créer des films de portraits professionnels pour toucher davantage d’établissements. Aujourd’hui, l’association fonctionne sans salariés et s’appuie sur le bénévolat et la recherche de financements pour produire ces outils pédagogiques de qualité.
Briser les croyances limitantes et oser rêver
Le cœur de mission de Déclic et clac est d’aider les jeunes à choisir une orientation en accord avec leurs goûts et motivations, plutôt qu’en fonction des seules notes ou de la pression sociale. Philippe Monget souligne plusieurs obstacles majeurs :
- Le stigmate de l’« intello » : Pour beaucoup de bons élèves, être étiqueté comme intellectuel peut être stigmatisant et isolant.
- La peur de réussir : L’un des témoignages les plus marquants de l’interview concerne une jeune fille issue de l’immigration qui n’a pas osé se présenter à son examen par crainte d’être la seule diplômée de sa famille et d’être ainsi ostracisée.
- Les freins parentaux : Qu’il s’agisse de parents poussant leurs enfants vers des écoles prestigieuses (comme Polytechnique) contre leur gré, ou de parents dévaluant les ambitions de leurs enfants, ces pressions sont souvent destructrices.
Philippe Monget insiste : « Tout gamin a droit à un rêve ». Il cite des exemples de réussite éclatante, comme Mariam Bouilled, devenue polytechnicienne malgré des origines modestes, pour prouver que le destin n’est pas figé.
Le numérique : entre addiction et intelligence collective
L’association participe également à des défis comme les « 10 jours sans écran ». Philippe Monget rappelle les méfaits de l’addiction aux écrans, liée à une libération constante de dopamine qui perturbe la structuration du cerveau chez les jeunes.
Cependant, les sources indiquent qu’il ne diabolise pas l’outil informatique. Au contraire, il en reconnaît les bénéfices pour :
- L’intelligence collective et le travail en réseau (notamment dans la recherche scientifique).
- L’apprentissage autonome, comme ses fils qui ont perfectionné leur anglais grâce aux séries ou appris les échecs via Internet.
- L’intelligence artificielle, qu’il utilise pour analyser des données complexes en biologie théorique, tout en affirmant que rien ne remplacera jamais « la chaleur d’un sourire » dans la relation humaine.
Comment retrouver Déclic et clac ?
L’association continue de multiplier les interventions (plus de 15 par an) pour aider les jeunes à trouver leur voie. L’association dispose d’une chaîne YouTube où sont regroupés de nombreux films et témoignages inspirants.
Contact :
Interview de Philippe Monget réalisée par Lilian Vetlé




























