[CITERADIO] Perrine Roguet : le portrait d’une journaliste « touche-à-tout » au cœur du terrain 01042026

Perrine Roguet : le portrait d’une journaliste « touche-à-tout » au cœur du terrain
Dans le cadre des 19e Assises du journalisme à Tours, Perrine Roguet, journaliste polyvalente, partage son regard sur une profession en pleine mutation. Passée par la presse écrite, la radio et la télévision, elle incarne cette nouvelle génération de reporters capables de jongler entre les supports tout en préservant l’essence du métier : le lien avec le public.
Un ancrage local pour une information de proximité
Originaire d’Angers et Lilloise de cœur, Perrine Roguet revendique son éloignement des rédactions nationales parisiennes. Selon elle, pratiquer le journalisme en région permet d’adopter des angles différents et d’aller à la rencontre des citoyens dans leur quotidien, évitant ainsi l’écueil d’une information déconnectée ou trop institutionnelle. Si la radio reste son média de cœur pour la confidence qu’elle autorise, elle reconnaît aujourd’hui la nécessité de l’image pour témoigner du réel.
L’exigence de la chronique judiciaire
Collaboratrice pour La Nouvelle République, elle se spécialise dans la chronique judiciaire, un exercice qui impose de jongler avec des temporalités complexes. Entre l’immédiateté réclamée par les nouveaux formats et la rigueur du temps judiciaire, elle doit faire preuve d’une grande capacité d’adaptation.
« Le cerveau fait le tri tout de suite… immédiatement je sais ce que je veux et ce que je veux pas. »
Elle souligne l’importance de ne pas se laisser happer par l’instantanéité au détriment de la certitude de l’information.
IA et nouveaux médias : des outils, pas des remplaçants
Face à la montée de l’intelligence artificielle, Perrine Roguet se montre pragmatique. Elle voit l’IA comme un outil capable de libérer du temps pour l’investigation de terrain en automatisant des tâches chronophages comme la retranscription. Elle insiste cependant sur la nécessité de se former en permanence pour décrypter les fake news et les images générées.
Concernant les réseaux sociaux et les influenceurs comme HugoDécrypte, elle estime qu’ils font partie du paysage informationnel actuel. Son conseil aux jeunes est de ne pas être « mono-source » et de croiser les regards.
La réalité d’un métier passion entre précarité et limites
Le parcours de Perrine Roguet illustre aussi la réalité des statuts de pigiste et de CDD. Elle évoque sans tabou :
- La précarité : Son premier salaire net était de 74 €.
- La charge de travail : Des journées de plus de 10 heures en radio pendant la pandémie.
- Le droit au refus : L’importance de savoir poser des limites pour préserver sa vie personnelle et ne pas tout accepter sous prétexte de « métier passion ».
Une vision engagée et humaine
Au-delà de l’actualité chaude, elle soutient le média Lecrab, dédié au cancer, où elle prône une approche journalistique faite de bienveillance et d’optimisme, sans tomber dans l’héroïsme permanent. Pour elle, l’objectivité absolue n’existe pas car le journaliste fait des choix d’angles et de sujets ; l’essentiel réside dans l’honnêteté et la lutte contre ses propres idées préconçues.
En résumé : les conseils de Perrine Roguet aux futurs journalistes
- Être polyvalent : Ne pas se fermer de portes sous prétexte d’une spécialisation initiale.
- Se former en continu : Notamment sur les nouveaux outils technologiques.
- Garder un pied sur le terrain : Pour conserver le sens du métier et le contact avec la réalité des citoyens.
Dans dix ans, Perrine Roguet se voit toujours sur le terrain, possiblement spécialisée dans une antenne nationale, tout en continuant de transmettre sa passion aux nouvelles générations.
Interview de Perrine Roguet réalisée par Lilian Vetlé




























