[CITERADIO] Les Restos du Cœur : 40 ans de combat contre la précarité en Indre-et-Loire 010426

Les restos du cœur

Les restos du cœur

Les Restos du Cœur : 40 ans de combat contre la précarité en Indre-et-Loire

Quarante ans après l’appel lancé par Coluche, l’association des Restos du Cœur est devenue une institution indispensable de la solidarité française. Patrick Hamelin, président départemental en Indre-et-Loire, revient sur l’évolution des missions de l’association, entre aide alimentaire et accompagnement vers l’autonomie.

Une “petite idée” devenue un pilier de la solidarité

Lancée en 1985 au micro d’Europe 1, l’idée de Coluche était initialement de créer une “cantine pour un hiver”. Pourtant, 40 ans plus tard, la précarité n’a cessé de progresser. Si la première campagne nationale distribuait 8,5 millions de repas, ce chiffre a bondi à 161 millions de repas pour l’exercice 2024-2025.

En Indre-et-Loire, le constat est similaire : la précarité s’accompagne désormais d’un isolement croissant des personnes accueillies.

Plus qu’un repas : l’accueil et l’accompagnement

Si l’aide alimentaire est l’activité la plus visible, elle sert avant tout de “point de contact” pour rompre l’isolement. Autour d’un café, les bénévoles écoutent et orientent les “protégés” vers d’autres services essentiels :

  • Aide administrative et numérique : Pour ceux qui ignorent leurs droits ou ne maîtrisent pas Internet.
  • Retour à l’emploi : Grâce à des chantiers d’insertion, notamment dans le maraîchage à Voine ou la logistique à Tours.
  • Estime de soi : Par l’accès à la culture, au cinéma, ou même à des ateliers de coiffure professionnels.

“Notre job, c’est d’aider à accomplir toutes ces démarches en dehors de l’aide alimentaire” – Patrick Hamelin.

Une organisation locale forte en Indre-et-Loire

L’association départementale s’appuie sur une structure solide pour rester au plus près du terrain :

  • 23 centres fixes et un centre itinérant desservant 8 points de rencontre en zone rurale.
  • Près de 800 bénévoles réguliers, rejoints par 300 à 500 renforts lors des collectes.
  • Une logistique d’envergure traitant notamment 1 000 tonnes de produits par an offerts par les plateformes d’hypermarchés locales.

De nouveaux visages de la pauvreté

La précarité change de visage. Les Restos du Cœur s’adaptent désormais à de nouveaux publics, comme les étudiants. À Tours, un centre spécifique géré en partie par des étudiants a ouvert le samedi matin pour répondre à leurs besoins spécifiques.

L’autre grande priorité reste la petite enfance. L’objectif est de sortir les bébés de la précarité le plus tôt possible pour éviter que les enfants aidés aujourd’hui ne deviennent les bénéficiaires de demain.

Un appel à la générosité

Malgré le soutien de la “Loi Coluche” et des partenariats locaux, l’association subit de plein fouet l’inflation et la hausse des coûts de l’énergie (carburants pour la logistique).

Le message de Patrick Hamelin est clair : “Sans Coluche, les Restos n’existeraient pas. Sans vous, donateurs généreux, les Restos n’existeraient plus”.


Interview de Patrick Hamelin réalisée par Lilian Vetlé