[CITERADIO] PFAS, Bisphénols et dérive agricole : Le cri d’alarme de la SEPANT

PFAS, Bisphénols et dérive agricole : Le cri d’alarme de la SEPANT
Entre pollution chimique invisible et transformation radicale de nos paysages agricoles, Alain Blanchet, représentant de la SEPANT (réseau France Nature Environnement), nous livre un diagnostic sans concession sur les enjeux sanitaires et environnementaux actuels.
Les “molécules éternelles” : un danger invisible dans notre quotidien
L’étude régionale « Perfect » a mis en lumière deux problématiques majeures pour la santé humaine : les PFAS et les bisphénols. Les PFAS, surnommés “molécules éternelles”, sont des composés chimiques ultra-résistants utilisés depuis des décennies pour leurs propriétés anti-adhésives et ignifuges (comme dans les doudounes ou les poêles).
Le problème ? Ces molécules sont quasiment indestructibles. Lorsqu’un vêtement traité est incinéré, les PFAS sont relâchés dans l’air et finissent par être stockés dans notre organisme. Alain Blanchet compare cette situation à celle des pesticides : la science court après l’industrie pour prouver la nocivité de molécules déjà largement diffusées.
Bisphénols et perturbateurs endocriniens
L’étude souligne également la dangerosité de l’ensemble de la famille des bisphénols, et pas seulement du bisphénol A, déjà interdit dans les biberons. Ces substances agissent comme des perturbateurs endocriniens, impactant directement la fertilité humaine.
Face à cette “cuisine d’apprentis sorciers”, la SEPANT recommande des gestes simples pour limiter l’exposition :
- Privilégier le verre au plastique.
- Favoriser les achats en vrac.
- Éviter les boîtes de conserve dont le revêtement intérieur peut contenir des substances nocives.
L’évolution de l’agriculture : de la “Champagne pouilleuse” à la monoculture intensive
Alain Blanchet revient sur son histoire personnelle pour illustrer la transformation brutale de l’agriculture française. Il évoque la “Champagne pouilleuse”, autrefois terre aride et pauvre, devenue un haut lieu de rendement grâce à l’arrivée massive des engrais chimiques (NPK) et des tracteurs après la guerre.
Cette révolution chimique, bien qu’efficace pour nourrir la population initialement, a eu un coût lourd :
- Perte de biodiversité : Suppression des haies et des arbres pour faciliter le passage des engins, entraînant la disparition des oiseaux.
- Santé des agriculteurs : Une forte prévalence de maladies professionnelles comme Parkinson liée à l’usage des pesticides.
- Pollution des eaux : Dans certaines régions, l’eau du robinet est devenue impropre à la consommation pour les femmes enceintes.
- Désertification rurale : Ce modèle mécanisé a supprimé de nombreux emplois agricoles, vidant les campagnes de leurs ouvriers.
Le rôle de la SEPANT : Agir pour la vie
Forte de ses 60 ans d’existence, la SEPANT n’est pas seulement une société savante naturaliste ; c’est un acteur de terrain qui emploie des spécialistes de la faune et de la flore. Son rôle est triple :
- Vulgariser les connaissances scientifiques pour le grand public.
- Interpeller les pouvoirs publics et les institutions (comme la DREAL) pour réduire les rejets industriels de polluants.
- Agir en justice et conseiller les élus sur la préservation des zones humides et de la biodiversité lors des révisions de plans d’urbanisme.
En conclusion, face à la puissance des lobbies chimiques et à la recherche de rentabilité à court terme, la SEPANT appelle à un retour vers des pratiques plus naturelles et respectueuses de l’environnement, seul véritable rempart pour la défense de la vie





























