[CITERADIO] Pré-Conseil Municipal : Réorganisation des Mobilités, Bilan de Santé de la Loire et Orientations Budgétaires – 21 11 2025
Ce pré-conseil municipal a permis de faire le point sur plusieurs dossiers majeurs, notamment le déménagement de la gare routière, l’avancement du bilan de santé de la Loire en collaboration avec les scientifiques, et les grandes orientations budgétaires pour l’année à venir.
1. Déménagement de la Gare Routière (Flixbus et BlaBlacar)
Le syndicat des mobilités a pris l’initiative de traiter le sujet du déplacement de la gare routière, une situation héritée et considérée comme insupportable pour les collectivités et générant d’importantes nuisances.
La situation antérieure (Édouard Vaillant) :
- La gare, située Rue Édouard Vaillant (anciennement la gare des Peupliers), était un lieu d’accueil de piètre qualité pour les usagers.
- Elle était à l’origine un héritage d’une ancienne gare historique Euroline.
- Elle générait une double nuisance : un trafic de cars important (en moyenne une trentaine par jour, soit plus de 60 trajets) et un flux routier important lié au manque de desserte en transports en commun.
- Le site souffrait de problèmes de sécurité et d’une conflictualité sur le stationnement pour les riverains. Les conditions y étaient qualifiées d’immondes.
- Le trafic continue de progresser, atteignant plus de 200 000 voyageurs par an.
Le déménagement vers Vaucanson :
- Opérateurs concernés : Seuls Flixbus et BlaBlacar déménagent. La halte routière des cars Rémi n’est pas déplacée.
- Nouveau site (Vaucanson) : Ce site a été choisi comme solution temporaire avant un potentiel déménagement à Saint-Pierre-des-Corps (échéance longue, 2035-2040).
- Avantages du site :
- Il s’agit d’un pôle d’échange multimodal existant.
- Il offre une connexion directe à moins de 100 mètres avec la ligne de tram, la ligne de BHNS numéro 2, les lignes 53 et 56, ainsi que du transport à la demande.
- Un service de nuit a été ajouté : le parcours de la ligne de nuit N2 sera allongé pour desservir le secteur dès le 16 décembre (pour l’instant trois nuits par semaine).
- Il existe un terminus bien dimensionné, un parking relais et un parking public gratuit non saturé pour accueillir les flux qui arrivent en voiture.
- Il offre de nouveaux services tels que la proximité de cafétérias et restaurants dans le centre commercial voisin.
- Aménagements : Le site comprend des abris de bus et des aménagements de quai. Des toilettes publiques sont commandées mais ne seront installées qu’à l’été prochain. Il n’y aura pas de lieu chauffé à ce stade, pour des raisons de coût.
- Date clé : Le déménagement est prévu pour le 15 décembre.
2. Bilan de Santé de la Loire : Coopération Scientifique
La municipalité a réaffirmé que la Loire est un sujet essentiel pour les habitants, constituant une forte identité locale et la source de l’eau potable de la ville. La question posée aux chercheurs était simple : « Comment va la Loire ? ».
L’approche scientifique :
- Ce travail est né de la dynamique du parlement de Loire (créé en 2019) et fait suite à la reconnaissance de la citoyenneté de la Loire.
- Il vise à faire rentrer le savoir scientifique en démocratie.
- Les chercheurs de Tours (MSH, UMRIT, Zone Atelier Loire, CIT) ont été mobilisés.
- Le processus est complexe et nécessite de l’interdisciplinarité (entre disciplines académiques) et de la transdisciplinarité (incluant les savoirs du quotidien et les pratiques, comme les pêcheurs et la batellerie).
- L’objectif est d’établir un diagnostic plus large que celui des indicateurs classiques de la Directive Cadre sur l’Eau.
Principales Inquiétudes et Constats :
- Une inquiétude globale est partagée par la centaine de personnes consultées lors de la “Grande Remontée”.
- Contaminants : On constate la présence de microplastiques et macroplastiques (dont les origines incluent les fibres synthétiques) et de Piface.
- Sédiments : Il est crucial de s’intéresser aux sédiments, où sont stockés de grandes quantités de polluants, beaucoup plus lentement que dans l’eau.
- Biodiversité : La population piscicole est complètement déséquilibrée. Des espèces invasives, comme le silure, posent des soucis.
- Santé Humaine : Il existe une forte interdépendance entre la santé du fleuve et celle des populations ; la santé de la Loire est aussi la nôtre.
- Frein à la recherche : La recherche sur la Loire est sous-financée par les acteurs publics par rapport à d’autres fleuves comme le Rhône ou la Seine, ce qui est considéré comme problématique.
Points Positifs :
- Retour d’espèces comme la loutre et le castor (qui colonise les affluents).
- L’année de reproduction des sternes a été positive sur le périmètre de la métropole.
Ce travail de bilan est un cheminement collectif qui vise à construire des indicateurs de suivi pour guider de futures politiques publiques (agriculture, gestion des pêches, etc.).
3. Débat d’Orientation Budgétaire (DOB) 2026
Le budget 2026 s’inscrit dans un contexte marqué par la volonté de l’État de faire contribuer les collectivités à la résorption de sa dette publique, ce qui crée une grande incertitude.
Contexte et Objectifs Financiers :
- Taux d’intérêt : Ils restent très élevés (entre 3,5% et 4%).
- Inflation et Croissance : Les hypothèses retenues sont une inflation de 1,3% et une croissance molle (environ 1%).
- Objectif : Poursuivre l’assainissement des finances et maintenir une bonne signature bancaire pour obtenir des taux préférentiels.
- Indicateurs respectés : La capacité de désendettement est maintenue sous les 10 ans, et le taux d’autofinancement est presque à 15% (objectif > 10%).
Dette et Investissements :
- Désendettement : La dette de la ville a diminué de 33 millions d’euros entre début 2020 et fin 2025, passant à 178 millions d’euros. Elle sera remboursable en moins de 6 ans (contre 17,1 ans en 2014) et représente moins de 80% des recettes réelles de fonctionnement.
- Investissement : La ville atteint un pic d’investissement en 2025 avec près de 51 millions d’euros (incluant la cuisine centrale).
- Un haut niveau de cofinancement est atteint : plus de 25% des investissements 2025 sont payés par des partenaires. L’objectif pour 2026 est d’atteindre 30%.
- L’investissement sera maintenu sur un plateau élevé d’environ 40 millions d’euros par an jusqu’en 2032.
- Grands chantiers 2026 : Gymnase Hallebardier, école Claude Bernard, marché global de performance pour les écoles Girodou et Rimbo, plan nature en ville (nouvelles récréations en herbe) et mise aux normes d’accessibilité des bâtiments municipaux.
Impact des Décisions de l’État :
- L’État veut porter l’effort de résorption de sa dette à 750 millions d’euros pour les collectivités (un effort qui pourrait atteindre 5,3 à 7,4 milliards d’euros au total pour toutes les collectivités).
- Dépenses imposées : L’augmentation des cotisations à la CNRA (Caisse nationale de retraite) imposée par l’État coûtera 1,5 million d’euros supplémentaire à la ville de Tours en 2026 (soit 3,5 millions d’euros cumulés sur deux ans).
- Risque de prélèvement (DICO) : L’instauration du dispositif de lissage (DICo) pourrait coûter 1 million d’euros à la ville en prélevant des recettes.
- Paradoxe : La ville économise 1 million d’euros sur ses charges financières (grâce à la renégociation de dette et la bonne gestion), mais cette somme pourrait être reprise par l’État via le DICo.
Fonctionnement et Tarifs :
- Fiscalité : Le taux de taxe foncière ne bougera pas et restera au niveau de 2022.
- Tarifs municipaux : L’augmentation moyenne pour les usagers sera limitée à 1%, ne répercutant pas l’intégralité de l’inflation.
- Charges : Les dépenses de personnel augmentent à cause de la CNRA. La facture énergétique a diminué, passant de 11 millions d’euros à environ 7 millions d’euros.
- Subventions : Le soutien au tissu associatif, aux centres sociaux et au CCAS (pour les plus précaires) est maintenu.
La municipalité a exprimé son accord pour contribuer à l’effort national, tout en exigeant que l’État laisse aux collectivités leur autonomie fiscale et leur capacité à investir pour le territoire.





























