[CITEADIO]- Interview- Exposition: Peindre l’histoire. Un passé au présent. Avec l’hypothèse des doublures de Pierrick Naud – 23 octobre 2026
L’exposition Peindre l’histoire au musée des Beaux-Arts de Tours

Photo de l’huile sur toile de Jean-Baptiste VINCHON Paris, 1786 – Ems, 1855 Boissy d’Anglas saluant la tête du député Féraud
Du 16 octobre au 5 avril 2027, est exposé “Peindre l’histoire. Un passé au présent” au musée des beaux-arts de Tours.
C’est un projet en collaboration entre la commissaire générale Hélène Jagot, conservatrice en chef, directrice des musées et châteaux de Tours et la commissaire scientifique Jeanne Martinez, conservatrice, musée d’Arts de Nantes. Les étudiants du master 2 en l’histoire de l’art de l’université de Tours ont également participé à ce projet, plus précisément à la conception partielle de la salle sur “La fabrique de la peinture d’histoire” pour donner à comprendre la conception de l’œuvre par l’artiste.
Peindre l’histoire raconte comment les artistes du 19e et du 20e siècles ont mis en image l’histoire, des grandes scènes historiques à la mythologie, des thèmes bibliques à la caricature. L’histoire, étant un grand sujet du 19e siècle, elle devient une véritable discipline scientifique notamment avec le développement des universités modernes. Elle connaît un immense succès en librairie avec des romans historiques, des grands récits nationaux, que les peintres vont traduire en images pour le transmettre au public. Ainsi, l’histoire et le roman deviennent centrales.
L’exposition a permis de ressortir des peintures inédites, gardées en réserve et restaurées pour l’occasion.
Ainsi, la peinture d’histoire resurgit aujourd’hui, pour le plaisir de nos yeux ! En contrepoint de l’exposition Peindre l’histoire, l’artiste plasticien Pierrick Naud a été invité cet automne et hiver pour investir ses œuvres, ses collections, un parcours contemporain au sein des collections du musée.
“On s’est dit que ça pouvait être intéressant d’inviter un artiste qui travaille en particulier sur la question des collections du rapport à l’histoire de l’art, qui est lui-même un fan des musées et pour qui c’est sa matière première de travail. ” nous explique Hélène Jagot, la commissaire générale.
“C’est un rendez vous qu’on souhaite un peu plus pérenniser pour faire toujours le lien entre notre collection de l’art ancien et la création contemporaine qui est peu présente au musée des beaux-arts dans les collections. ”
“[…] les artistes du présent regardent les artistes du passé et les artistes du passé se sont tous regardés les uns les autres et les artistes du passé, donc l’histoire de l’art n’est qu’un éternel continuum voir un éternel recommencement. ”
Le travail de Pierrick Naud, artiste plasticien
Pierrick Naud est né en 1969 à Cholet et est diplômé de l’école des Beaux-Arts de Nantes. L’artiste développe son art autour de l’image. C’est en découvrant le petit musée du château de Flers dans le département de l’Orne en Normandie que Pierrick Naud s’intéresse à travailler à partir de la collection de ce musée.
“ Ce qui m’intéresse c’est de découvrir des œuvre qui n’étaient pas connues”
“Le titre de cette série hypothèse de doublure, imagine mes dessins comme des doublures des œuvres originales”
A l’occasion de l’exposition Peindre l’histoire, le plasticien a pu réaliser des formats beaucoup plus grands.

Photo de Pierrick NAUD devant du Graphite, fusain, encre, vernis et tefchniques mixtes sur papier, La saison des adieux, série L’hypothèse des doublures, 2026.
La réalisation de ses œuvres suit plusieurs étapes, il nous l’explique.
“J’ai une bande d’image dans laquelle je viens puiser, je réalise des collages qui peuvent être numériques ou sur papier, et j’assemble.”
“Je réalise des collages et ensuite quand j’estime qu’il est suffisamment intéressant pour être dessiné il y a une sorte de transfert que je crée. Je me suis inventé des techniques de transfert d’image sur mon papier.”
“A partir de cette image très légère, je vais dessiner avec les techniques, du fusain, et des vernis qui couche par couche révéler l’image.”
“Par rapport au collage initial, il y aura un déplacement qui sait faire, je me laisse la liberté de transformer le collage pour que ça devienne vraiment un dessin.”
L’artiste joue sur ce déplacement des éléments, ce qui en fait sa particularité, sa signature.
Le collage étant réalisé de manière rapide, des éléments qui ne devaient pas se rencontrer peuvent se rencontrer. Par exemple, un personnage masculin par son collage va devenir féminin. L’artiste crée ainsi une certaine ambiguïté concernant l’époque, ou même le genre.
Puis arrivé à l’étape du dessin, “je vais prendre le temps de révéler l’image par les couches successives de vernis et de dessin. ”
“Ce qui m’intéresse c’est d’amener une étrangeté à l’intérieur du musée, on ne sait plus trop à quelle époque on est.” nous explique le plasticien.
“Être dans un entre-deux ça m’intéresse, avoir un doute sur ce qu’on est en train de regarder en tant que spectateur […] j’aime bien être surpris quand je dessine je me laisse aussi porter par ce que le dessin va révéler à un moment”
Pierrick Naud s’est également intéressé à la céramique.
“A un moment dans mon parcours je me suis rendu compte qu’il y avait un manque par rapport à mes dessins j’avais parfois envie qu’il y ait comme un contre-point en volume.”

Photo du Graphite, fusain, encre, vernis et techniques mixtes sur papier de Pierrick NAUD, Tireur d’épines, série L’hypothèse des doublures, 2026 accompagnée du Graphite sur faïence de Pierrick NAUD Lueur d’ébène #02, 2024.
Pour les céramiques, il procède à peu près avec la même démarche de créer un “entre-deux, de brouillage de piste”.
“Je fabrique des moules et j’utilise ces moules pour venir faire des empruntes, les assembler, et un petit peu comme pour mes dessins où je viens chercher des images que je découpe et que j’assemble, c’est la même ici mais en volume.”
Sur cette céramique nommée Lueur d’ébène #02, il s’agit de plusieurs têtes d’animaux. La céramique est en graphite sur faïence.
A l’occasion, nous avons interviewé Pierrick Naud pour en savoir davantage sur son travail :
Interview réalisée par Ayamé.




































